Kogan.

Jeudi après-midi, attendant comme à mon habitude l’heure de mon cours, assise sur le banc faisant face au bâtiment, un homme à l’allure inquiétante s’approche. Un black dont on ne voit dépasser de sa double capuche qu’une petite partie du visages, et qui porte par-dessus tout àa une veste de chantier jaune fluo.

Il s’assied à côté de moi et me demande une clope. Intriguée, et ne voyant pas de raison majeure de refuser, n’étant pas de nature craintive, j’accepte, lui tend une blonde. Il commence à me parler de la vie, de musique – il a une culture musicale assez intéressante par ailleurs – , de cinéma. Sous cette apparence peu engageante et crado, se cache tout de même un cerveau, semble-t-il.

Il dépiaute ma clope, sort des feuilles de sa poche, ainsi qu’un petit bout de pâte à rigoler de sa chaussette, et se roule une cigarette magique. Qu’il me tend au bout de quelques minutes, et en roule une autre pour lui.

Oooookay.

Il m’offre un café, et on passe les deux heures qui suivent ensemble, dans une bulle un peu étrange, je vous l’accorde. Ouais, je dois être la seule personne à ne pas partir en courant face à ce genre situation. Enfin bref. Toujours est-il que c’était intéressant, étrange mais intéressant. Décalé aussi, parce que mon esprit, encore imprégné de Victor Hugo, fonctionnait visiblement pas au même rythme que le sien. On a donc fini par écrir une sorte de chanson à deux voix, que voici. En marron c’est moi, en violet c’est lui.

Je viens d’Afrique

Et je donne la réplique

Je suis marron de couleur

Ce n’est même pas un détail

Car nous sommes tous les mêmes

Même si on ne fait pas la même taille

Petite parisienne

Maintenant dans le sud

aux corneilles, je baille

Même si parfois la vie est rude

Et assise sur ce banc

Voilà ce gars couleur café

Qui vient, me parle de ce qu’il fait.

Je suis au bord de l’atlantique

Un océan paisible

Une plage bordée de cocotiers

Des vagues mélodieuses

Les soirs

De lumière éclairées

Je ne connais rien de son pays

Aux couleurs si exotiques

Je ne connais rien de la vie

Alors chaque jour je m’applique

A ouvrir mon esprit

Face à l’astre qui luit

Et j’espère découvrir ce monde

Sa mélodie, beauté qui gronde

Quitter ma terre natale

Je n’ai croisé d’amour normal

Je lutte contre la haine fatale

M’armer des sentiments du respect

De gentillesses, d’amitiés, d’amour

C’est mon arsenal

Malgré toutes ces différences

Il y a aussi les ressemblances

deux êtres qui se croisent et se comprennent

Partagent des joies, partagent de peines

Unis

Par une mélodie

La nostalgie

La mélancolie

Des histoires déçus

Des savoirs reçus

Des sourires

Après déceptions et douleurs

Des douceurs

Des joies au cœur

Je vois tes beaux yeux clairs

Qui s’éclairent

Au bonheur

Cet article fait aussi office d’intro à ma nouvelle section: projets. Go, read, and leave comments please. <3

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3 Réponses

  1. Toi t’es vraiment un aimant à gens zarb’.

  2. Wolf a pas tord sur ce coup la ok pour la clope et l’papotage ca m’est deja arrive mais bougé avec lui heu nan c mort quoi ^^

  3. hé hé sympa l’histoire ! J’essaie de vous imaginer, toi et le jeune monsieur, assis dans l’herbe d’une des pelouses du Mirail et écrivant des vers, l’air un peu stone… : D

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