Bonne année, originalité, tout ça.

Il paraît que c’est le bon moment pour prendre de nouvelles résolutions. C’est pour ça que je suis là à procrastiner (je pratique la procrastination productive, m’voyez) au lieu de réviser, ehe.

Il paraît aussi que c’est le bon moment pour faire un récap’ de l’année passée. Une fois n’est pas coutume, je vais tenter de me plier à l’exercice.

Et je me rends compte en relisant cette intro que ça fait super formel et tout, alors qu’en fait vous pouvez faire péter les cotillons, 2015 a clairement été l’une des meilleures années de ma vie.

Tout d’abord, j’ai ENFIN obtenu ma licence (d’anglais) et me suis inscrite pour le CAPES (que je passe dans 3 mois *trouillomètre à trouzemille* ). Ensuite, Chose qui ne m’était pas arrivée depuis 2008, je me suis pris tout l’été pour ne rien foutre, et j’ai eu de VRAIES vacances. De vraies, longues, vacances. Et c’était la meilleure idée que j’aie jamais eue. Parce que ça m’a permis de rencontrer nombre de potes de guilde, de former de nouvelles amitiés, de passer un peu de temps avec mon frère, d’aller à Disneyland pour la première fois, et de rencontrer ceux qui emplissent ma vie de joie et d’amour depuis presque 6 mois.

Mon avenir se dessine petit à petit et de plus en plus sûrement, sur tous les plans, et je me surprends à rêver à un happy ending.

2015 aura aussi été l’année où j’aurai appris énormément sur moi-même, qui je suis, et m’aura fait beaucoup réfléchir et évoluer. Entourée de gens absolument, indescriptiblement fabuleux.

Bref, si j’ai quelque chose à dire sur 2016, c’est que j’espère qu’elle sera riche en aventures. Je ne lui demanderai pas de faire des promesses pour éviter la déception, parce que beaucoup de choses sont en jeu, beaucoup d’incertitudes sont en route pour le moment, mais chaque chose en son temps.

I’m in trouple.

Il y a deux semaines, j’ai pété les plombs sur Facebook. J’écris ce billet pour m’en excuser – et aussi pour finir par tenir au courant les quelques qui ne me lisent peut-être qu’ici (papa, si tu passes par là, je préférerais que tu me téléphones plutôt que de chercher à grapiller les infos auprès des frangins ;).

Trois mois.
Trois mois que je nage en pur bonheur. Que j’ai l’impression d’avoir enfin trouvé mon petit coin de paradis dans ce grand monde. Comme la dernière pièce d’un puzzle qu’on aurait égarée, et qui finirait par enfin retrouver sa place. Clic. Tout est bien là où il devrait être, et se dégage de cette œuvre enfin achevée une harmonie apaisante.
Je me sens bien. Je me sens en sécurité. Je me sens appréciée, respectée, écoutée et comprise. Je donne et je reçois dans un parfait équilibre, je me découvre plus que jamais. J’ai le sentiment d’avoir enfin trouvé ma plénitude. Tout ça grâce à eux. Mes deux amants. Car oui, je suis dans une relation avec non pas une, mais deux personnes, d’une douzaine d’années mes aînés et avec deux enfants. Et je me sens tellement bien. Je peux difficilement convaincre qui que ce soit par les mots. Je ne peux pas vous montrer à quel point c’est simple et beau, à quel point ça n’a rien de plus complexe ni déstabilisant que n’importe quelle autre relation « normale ». Je sais que de l’extérieur, ça a l’air bien étrange. Totalement inhabituel. Que certains vont penser que je m’immisce dans leur couple, que cela va déstabiliser les enfants, que je me fais manipuler, que je sers de faire-valoir à une relation qui bat de l’aile, que tout cela ne peut que mal finir. Je n’invente rien, certains d’entre vous me l’ont dit, ou fait comprendre à demi-mot.

Alors j’ai une question pour vous. Pour vous les dubitatifs, pour vous les pessimistes. Pour vous et tous ceux qui m’en font baver. Parce que vos demi-mots ont un impact sur mon bien-être. Parce que même si vous ne vous en rendez pas compte, petit peu par petit peu, tout cela grossit et me met la boule au ventre. Ce ne sont que quelques insinuations pour vous, ou même de simples silences lourds, mais pour moi, accumulés, c’est bien plus. Alors, quel est votre but dans tout ça ? Pourquoi jeter un voile de doute sur cette chose lumineuse qui rayonne sur ma vie ? Où étiez-vous l’année dernière, quand j’ai passé près de 8 mois dans cette relation toxique qui me faisait pleurer presque quotidiennement ? Où étaient vos si précieux conseils à ce moment là ? Ceux qui aujourd’hui tentent de me dérober ce qui me fait sourire tout le jour et émerveille mes nuits ?

Faites cesser l’hypocrisie. Je ne demande pas de reconnaissance, je n’ai rien accompli. Je ne demande que du respect, le même que celui que je vous réserve, à vous que j’aime.

Si j’ai balancé ce billet, c’est que j’en avais besoin, et je ne le regrette en rien. Tout d’abord parce que la réponse a été fantastique, et j’ai reçu des dizaines de messages d’encouragement. Ensuite, parce que ça m’a permis de pouvoir ouvrir le dialogue avec ceux à qui j’avais ces reproches à faire, et qu’il s’est trouvé que j’avais tort dans mes accusations. Et c’est tant mieux.

Comme mon frère l’a si bien dit, j’ai juste fait preuve de ce qu’il appelle “syndrôme de la victime”. J’ai paniqué, je me suis sentie menacée, et j’ai sorti les griffes.

Cependant, cela m’aura appris quelque chose: la communication est la clé de toute relation réussie. Et je ne parle pas que d’amour, je parle bien ici d’amitié. Parce que ce que j’avais pris pour du rejet n’était en fait que de l’inquiétude. Alors je vais vous demander quelque chose. Je vous remercie de vous inquiéter pour moi, vous n’imaginez pas à quel point cela me touche. Mais mettez-vous à ma place: j’étais perdue dans toutes ces “critiques” que je n’arrivais pas à comprendre. Alors si vous êtes inquiets, parlez-moi. Soyez clairs et concis, et dites-moi ce qui vous inquiète. Parce que je veux pouvoir vous rassurer. Ou au contraire réfléchir sur ces choses que je n’ai peut-être pas vues moi-même mais que vous, vous avez vues, et qui pourraient améliorer ma relation, mes relations en général; améliorer qui je suis. A la source de toute inquiétude, il y a une réflexion logique. Faites m’en part, que je puisse au moins comprendre pour quoi vous vous inquiétez. Car sinon nous serons deux à en souffrir: vous d’avoir peur pour moi, et moi d’avoir peur tout court.

Encore une journée matinée à procrastiner. A binge-watch des séries et à culpabiliser d’être en train de le faire, sans pour autant pouvoir s’arrêter. Ça, c’est ma vie, mon quotidien. Et j’essaie d’y remédier, putain j’essaie. Mais les bonnes résolutions ont la vie dure. On les tient 1 mois, une semaine, une heure ; on ne les tient pas, on reprend ses bonne vielles habitudes aussi vite qu’on avait tenté de les quitter. Et me voilà devant mon clavier, à disserter sur le pourquoi du comment de la procrastination au lieu de bosser. Procrastinception.

Comment j’ai fini là, devant ce traitement de texte ? En me posant exactement la question qui forme mon titre : « Comment se motiver quand on a la flemme ». Je viens de lire cet article de Wil Wheaton, qui m’a poussé à réfléchir sur ma propre condition, mes propres buts. J’ai tourné la tête vers ma pile de boulot couverte de récipients de bouffe vide, et j’ai expiré de lassitude. J’ai googlé cette fameuse question, mais je n’ai pas trouvé de réponse qui me satisfasse. Parce que tout comme pour l’article de Wheaton, cela ne peut venir que de moi.

Alors que vais-je faire ? Je vais ranger mon bureau. Parce qu’on ne peut travailler correctement dans le bordel. L’adage dit « comme on fait son lit, on se couche ». Je ne vais pas pour autant commencer à faire mon lit, mais le fonds est vrai : je ne sais pas si c’est une histoire d’énergies ou que sais-je, mais une chose est sûre, un environnement sain remonte la motivation un max. Demandez aux Sims.

Et puis je vais me faire un bon thé. Ou un café. Allumer une petite bougie-qui-sent-bon ou un peu d’encens, et visser mon cul à cette foutue chaise jusqu’à ce que quelque chose soit venu noircir mon brouillon.

Over the gays and far away

En mal de mise à jour, je vole honteusement cet article fort intéressant à petit Kao. Parce que c’est foutrement bien ficelé.

Guy, G33k & Green

20150614_112100

Bonjour à tous, aujourd’hui, dimanche post Marche des Fiertés LGBT sur Bordeaux, je voulais réagir à quelques commentaires que j’ai vu passer à ce sujet sur l’internet social.
On nous a reproché de faire du bordel dans les rues, que cette marche n’avait rien de culturellement enrichissant, que c’était inutile et que ça donnait une mauvaise image des homosexuels (entre autres).
Comme à mon habitude, je vais répondre à ceci point par point, parce que c’est plus facile à digérer.

Tout d’abord on parle de Marche des Fiertés, et non pas de Gay Pride, parce que le premier terme est plus inclusif du reste de l’alphabet LGBT. Déjà ça, c’est pour la première erreur.

Ensuite en premier point, on nous reproche d’être bruyants, de foutre du bordel dans la rue, bref, d’être là quoi. Ce à quoi je répondrais qu’on n’est pas plus bruyants, voire même beaucoup moins que les…

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Rejet Passif

C’est dingue comme en quelques minutes, même la personne la mieux intentionnée du monde et qui ne croit vraiment pas faire de mal peut te démonter le moral. Et te rappeler avec force et fracas à quel point l’homophobie passive est présente et bien ancrée même dans les esprits des plus « ouverts ».

Je crois que le plus difficile est d’entendre ces propos de la bouche de quelqu’un que tu considère comme un ami, et qui est intimement persuadé de ne pas être homophobe, parce qu’alors tu réalises la montagne qu’il reste encore à franchir pour éliminer l’homophobie – et le sexisme par la même occasion.

J’avais une discussion tout à l’heure avec cette personne, dont je sais qu’il n’est pas homophobe « actif », loin de là. Et pourtant, en parlant de ses enfants, il m’a dit « Si mon fils était pédé, ça me ferait chier, quand même. Je dirais rien, c’est comme ça, mais ça me ferait chier ».
Je n’ai pas su quoi répondre. Parce que je crois que dans son esprit, « ne rien dire » c’est égal à « ne pas être homophobe », et que je ne sais pas comment lui expliquer que c’est ce « ça me ferait chier » qui est la source de l’homophobie. Qu’on se le dise: l’homophobie « active » est la plus rare. Celle qui consiste à agresser verbalement et physiquement des gays. Mais ce n’est pas cette homophobie « active » qui fait le plus de mal. Ho non.

Ce qui fait le plus de mal, c’est le sexisme ambiant et bien ancré qui dit que les garçons aiment le bleu et les filles le rose. Que les garçons peuvent jouer à la poupée et porter du rose mais pas trop quand même, parce que sinon « ça fait tafiole ». Que les filles doivent savoir se défendre et faire du vélo mais que quand même, il faut porter une robe de temps en temps.

Toujours dans cette même discussion, une autre personne a parlé d’un petit garçon qui était élevé par des femmes et qui allait sûrement « tourner pédé si ça continue comme ça ». Cette autre personne n’est pas homophobe « active » non plus. Et pourtant…

Malheureusement, cette contradiction est bien la source du problème. Tout en se croyant ouvert, l’utilisation même des termes comme « pédé », « tafiole », « gouine » etc. rajoute de l’eau au moulin de la discrimination des homos. Et sans même s’en rendre compte.
Quand j’ai parlé du taux de suicide des jeunes gays, la première personne m’a balancé « oh mais faut pas abuser non plus, vous êtes pas non plus stigmatisés! ».
Et bien si. Et juste cette phrase le prouve. Mais en ne voyant les choses que de l’extérieur, il est impossible de s’en rendre compte.

Il y a quatre choses qu’il faut bien se mettre dans le crâne:

  • Ce n’est pas la peur des inconnus qui pourraient éventuellement nous faire du mal, càd l’homophobie « active » qui provoque tant de suicide chez les jeunes gays. C’est l’homophobie passive, perpétrée par les proches sans même s’en rendre compte et qui rendent le coming-out quasi-impossible.
  • Dire « Si mon fils était pédé, ça me ferait chier, quand même. Je dirais rien, c’est comme ça, mais ça me ferait chier » c’est de la discrimination envers les homos, purement et simplement. Pourquoi? Parce que si réellement on est pas homophobe, si, vraiment, on en a rien à foutre, alors un cas particulier ne doit pas « faire chier ». Si être homo n’a rien d’anormal, alors il n’y a aucune raison que ça dérange.
  • Il faut arrêter de penser que telle ou telle chose va influencer l’orientation sexuelle de quelqu’un. Ce n’est pas comme ça que ça marche. N’oubliez pas que la majeure partie des homos ont des parents hétéros, et ont été élevés dans des conditions « normales ».
  • Il faut absolument arrêter de confondre orientation sexuelle et identité de genre, ce sont deux choses qui n’ont rien à voir.

J’ai ça sur le cœur depuis ce midi, et je ne sais pas trop comment le formuler, alors voilà. J’espère que certains ouvriront les yeux.

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