Le Conteur

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Une fois n’est pas coutume, c’est aujourd’hui d’un livre que je vais vous parler. Mais pas n’importe quel livre, puisqu’il a été écrit par ma grande sœur. Et ouais, rien que ça.

Il s’agit donc du roman Le Conteur – L’Enfant qui n’aimait pas rêver, par Lorraine -S. Heymes.

L’histoire est celle d’Ulysse, un jeune garçon de 11 ans très cartésien qui n’aime pas les contes et autres histoires, qu’il assimile à des “mensonges”, et qui se retrouve bien malgré lui embarqué dans un monde imaginaire, avec lequel il a bien plus de liens que ce qu’il aurait imaginé.

Le livre fait environ 360 pages, organisées en cinq parties de chacune cinq chapitres. La première partie introduit l’histoire dans le monde “réel”, puis les autres narrent l’épopée d’Ulysse à travers le monde de l’imaginaire.

La première partie est clairement pour moi celle qui a fait le plus parler mes souvenirs et mes émotions, dans le sens où les lieux et personnages qui y sont décrits sont clairement inspirés de lieux et personnes réels, qui ont peuplé mon enfance. C’est donc avec joie que je me suis replongée dans des univers que j’ai connus étant petite, parfois même enfouis dans ma mémoire, qui ont refait surface comme autant de petites bulles nostalgiques.

Mais trêve de palabres, venons-en au concret, à l’objectif.

Cela faisait plus de 5 ans que je n’avais pas fini un livre. J’ai lu quelques livres en anglais ces dernières années, principalement pour mon cursus universitaire, mais vraiment très peu de lectures personnelles, et encore moins francophones. Même les derniers Amélie Nothomb sont restés infinis. Je ne sais pas pourquoi exactement; peut-être que ma désastreuse licence de Lettres a eu raison de mon appétit pour la lecture (je lisais 2 ou 3 livres par mois avant ça). Peut-être que les jeux vidéo, aussi. Peut-être qu’on a juste moins de temps quand on devient plus vieux (je ne prononcerai pas le mot “adulte”… merde.)

Tout ça pour dire que c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai lu celui-ci, plutôt vite, et que je vais me faire une joie de vous le reviewer.

L’Histoire

C’est amusant, j’ai eu l’impression en le lisant de retrouver des éléments de livres de mon enfance et de mon adolescence, comme autant de racines nourrissant le roman. C’est ainsi que j’ai parfois trouvé de grandes similitudes avec La Croisée des Mondes de Philipp Pullman, mais aussi Alice au Pays des merveilles, voire même Harry Potter. C’est la première qui m’a le plus frappée; l’omniprésence des animaux mais aussi le rythme, assez rapide, m’ont rappelé cette saga qui m’a été si chère. Saga que j’ai par ailleurs essayé de relire il y a quelques années, sans succès : cela m’avait paru parfois trop rapide dans les intrigues et leurs dénouements, comme s’il manquait des détails ou que tout était trop “facile”. Rétrospectivement, je pense qu’il s’agit simplement là d’une caractéristique des romans “jeunesse”, caractéristique qu’on retrouve d’ailleurs aussi dans les premiers Harry Potter. Toujours est-il que c’est également ce que j’ai ressenti à la lecture de L’Enfant qui n’aimait pas rêver: j’aurais aimé en savoir plus sur certains personnages, qui m’ont semblé parfois un peu grossièrement dépeints, au point même parfois de me sembler incohérents (Tom), ou d’intrigues résolues trop vite et trop simplement. Faute de manquer de rythme, j’ai trouvé que cela manquait parfois de retournements de situation. En fait, j’ai eu beaucoup de mal à m’identifier au héros et à comprendre sa quête. C’est la dernière partie du livre qui, elle, m’a happée. Comme si les 4 premières parties n’étaient qu’une introduction à un final à la fois explosif et mystérieux. Sans finir sur un suspense insoutenable, cette fin m’a donné très envie de lire la suite, alors que les chapitres précédent m’avaient semblé un brin laborieux.

Cependant, on ne saurait dissocier le fonds de la forme et c’est ainsi que, sans transition (ou presque), j’aimerais passer à ma seconde partie.

Le Style

Toutes les critiques faites dans la partie précédente perdent de leur valeur si on prend en compte le point de vue du lecteur: il est bien évident qu’une lectrice (plus ou moins) aguerrie de 25 ans qui s’est bouffé du Shakespeare dans la langue pendant 3 ans n’a pas le même point de vue ni le même recul sur une lecture telle que celle-ci. Je pense que la “moi” de 12 ans aurait dévoré de bout en bout le roman plusieurs fois de suite, comme je l’ai fait avec les livres cités plus haut. Parce que pour être honnête, il est bien. Il joue sur des concepts et des personnages connus de tous, en jouant avec eux un peu à la manière de Shrek. C’est un appel à la découverte, une proposition à aimer la littérature et les histoires. En cela, le personnage d’Ulysse se confond avec le lecteur, qu’on invite à découvrir les mondes imaginaires, leurs liens, leurs influences.

En tout cela, ce roman est définitivement un roman jeunesse.

Cependant, l’une de ses plus grande qualités devient un défaut dans les mains les plus jeunes: sa langue. Car elle est parfaite – attendu que cela veuille dire quelque chose. Les mots sont choisis avec soin, pas d’approximations que ce soit dans le vocabulaire, extrêmement riche, comme dans la grammaire, correcte en tous points. Seulement, cela pose un problème de taille: le vocabulaire est parfois réellement complexe. Je me suis moi même arrêtée par moments pour chercher un mot dans le dictionnaire tant le lexique me posait des difficultés.

Attention, je ne dis pas qu’il y a “une langue appropriée pour les enfants”, dans le sens d’une langue simplifiée qui ferait que leur lecture serait simple et sans accroc. Ça n’aurait pas d’intérêt, car la lecture sert aussi à apprendre. Mais que quelqu’un comme moi qui ai 25 ans de vie et (un peu moins) de lecture, et qui, sans me vanter, possède un vocabulaire plutôt correct, voire riche, aie buté sur la langue à plusieurs reprises au point que cela altère mon confort de lecture, me semble un peu disons, “dangereux” pour l’avenir du livre. Parce que si la langue est trop complexe pour moi, elle risque de l’être d’autant plus pour la majeure partie du lectorat-cible (et pas que lui, d’ailleurs).

Admettons que le lectorat-cible en question ne soit en fait pas les pré-ado mais bien les adultes, alors on retombe dans le travers évoqué dans ma première partie: trop peu de suspense et de retournements de situation pour maintenir l’attention d’un lecteur aguerri.

Impression générale

A me lire, on pourrait croire que je n’ai que la critique à la bouche, et que cette lecture était un désastre. Ce n’est absolument pas le cas. Mon âme de geek a grandement apprécié les nombreux clins d’œil disséminés au fil de la lecture, que ce soit à des figures connues des contes de fées ou à de simples éléments de souvenirs familiaux, et il faudrait que je le relise attentivement plusieurs fois pour y dénicher tous les détails.

J’ai aussi apprécié cette façon qu’a l’auteure de nous rappeler habilement par un jeu sur les noms et les surnoms l’identité de tel ou tel personnage dont le nom nous échappe, perdu peu à peu aux tréfonds de notre mémoire sous des couches de contes consécutifs. Et le roman n’est pour autant pas un étalage de clins d’œil, loin de là.

L’Histoire est originale, et si la trame fait beaucoup penser à celle de la saga de Pullman, les différences sont aussi nombreuses que les similitudes. Les enjeux ne sont pas les mêmes, les motivations du héros non plus. De plus, plus qu’une simple histoire, le roman s’interroge sur ce que sont les histoires, ce qu’elles représentent, et leur importance dans notre monde, notre culture, nos apprentissages.

Pourquoi ce livre est un chef-d’œuvre

Alors déjà tout simplement, parce que c’est le livre de ma sœur et que je péterai les genoux à quiconque dira le contraire.

Mais surtout, parce que si l’on prend en compte l’enjeu du livre, la quête du héros, qui est de raconter une histoire à sa maman, alors c’est là que tout prend son sens. Si l’on part du principe que l’histoire est racontée par un enfant, alors on peut totalement pardonner certains raccourcis, certaines incohérences dans la structure, parce qu’après tout, c’est à travers les yeux d’Ulysse que l’histoire se déroule. Avez-vous déjà écouté un enfant raconter une histoire?

Ce qui fait d’Ulysse un petit garçon pas comme les autres, finalement, c’est ce vocabulaire riche et cette correction grammaticale parfaite, mais après tout, de la part d’un esprit si cartésien, ce n’est pas surprenant du tout. Une place pour tout, chaque chose à sa place.

Parce que les contes, c’est très sérieux.

Bonne année, originalité, tout ça.

Il paraît que c’est le bon moment pour prendre de nouvelles résolutions. C’est pour ça que je suis là à procrastiner (je pratique la procrastination productive, m’voyez) au lieu de réviser, ehe.

Il paraît aussi que c’est le bon moment pour faire un récap’ de l’année passée. Une fois n’est pas coutume, je vais tenter de me plier à l’exercice.

Et je me rends compte en relisant cette intro que ça fait super formel et tout, alors qu’en fait vous pouvez faire péter les cotillons, 2015 a clairement été l’une des meilleures années de ma vie.

Tout d’abord, j’ai ENFIN obtenu ma licence (d’anglais) et me suis inscrite pour le CAPES (que je passe dans 3 mois *trouillomètre à trouzemille* ). Ensuite, Chose qui ne m’était pas arrivée depuis 2008, je me suis pris tout l’été pour ne rien foutre, et j’ai eu de VRAIES vacances. De vraies, longues, vacances. Et c’était la meilleure idée que j’aie jamais eue. Parce que ça m’a permis de rencontrer nombre de potes de guilde, de former de nouvelles amitiés, de passer un peu de temps avec mon frère, d’aller à Disneyland pour la première fois, et de rencontrer ceux qui emplissent ma vie de joie et d’amour depuis presque 6 mois.

Mon avenir se dessine petit à petit et de plus en plus sûrement, sur tous les plans, et je me surprends à rêver à un happy ending.

2015 aura aussi été l’année où j’aurai appris énormément sur moi-même, qui je suis, et m’aura fait beaucoup réfléchir et évoluer. Entourée de gens absolument, indescriptiblement fabuleux.

Bref, si j’ai quelque chose à dire sur 2016, c’est que j’espère qu’elle sera riche en aventures. Je ne lui demanderai pas de faire des promesses pour éviter la déception, parce que beaucoup de choses sont en jeu, beaucoup d’incertitudes sont en route pour le moment, mais chaque chose en son temps.

Encore une journée matinée à procrastiner. A binge-watch des séries et à culpabiliser d’être en train de le faire, sans pour autant pouvoir s’arrêter. Ça, c’est ma vie, mon quotidien. Et j’essaie d’y remédier, putain j’essaie. Mais les bonnes résolutions ont la vie dure. On les tient 1 mois, une semaine, une heure ; on ne les tient pas, on reprend ses bonne vielles habitudes aussi vite qu’on avait tenté de les quitter. Et me voilà devant mon clavier, à disserter sur le pourquoi du comment de la procrastination au lieu de bosser. Procrastinception.

Comment j’ai fini là, devant ce traitement de texte ? En me posant exactement la question qui forme mon titre : « Comment se motiver quand on a la flemme ». Je viens de lire cet article de Wil Wheaton, qui m’a poussé à réfléchir sur ma propre condition, mes propres buts. J’ai tourné la tête vers ma pile de boulot couverte de récipients de bouffe vide, et j’ai expiré de lassitude. J’ai googlé cette fameuse question, mais je n’ai pas trouvé de réponse qui me satisfasse. Parce que tout comme pour l’article de Wheaton, cela ne peut venir que de moi.

Alors que vais-je faire ? Je vais ranger mon bureau. Parce qu’on ne peut travailler correctement dans le bordel. L’adage dit « comme on fait son lit, on se couche ». Je ne vais pas pour autant commencer à faire mon lit, mais le fonds est vrai : je ne sais pas si c’est une histoire d’énergies ou que sais-je, mais une chose est sûre, un environnement sain remonte la motivation un max. Demandez aux Sims.

Et puis je vais me faire un bon thé. Ou un café. Allumer une petite bougie-qui-sent-bon ou un peu d’encens, et visser mon cul à cette foutue chaise jusqu’à ce que quelque chose soit venu noircir mon brouillon.

Over the gays and far away

En mal de mise à jour, je vole honteusement cet article fort intéressant à petit Kao. Parce que c’est foutrement bien ficelé.

Guy, G33k & Green

20150614_112100

Bonjour à tous, aujourd’hui, dimanche post Marche des Fiertés LGBT sur Bordeaux, je voulais réagir à quelques commentaires que j’ai vu passer à ce sujet sur l’internet social.
On nous a reproché de faire du bordel dans les rues, que cette marche n’avait rien de culturellement enrichissant, que c’était inutile et que ça donnait une mauvaise image des homosexuels (entre autres).
Comme à mon habitude, je vais répondre à ceci point par point, parce que c’est plus facile à digérer.

Tout d’abord on parle de Marche des Fiertés, et non pas de Gay Pride, parce que le premier terme est plus inclusif du reste de l’alphabet LGBT. Déjà ça, c’est pour la première erreur.

Ensuite en premier point, on nous reproche d’être bruyants, de foutre du bordel dans la rue, bref, d’être là quoi. Ce à quoi je répondrais qu’on n’est pas plus bruyants, voire même beaucoup moins que les…

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Rejet Passif

C’est dingue comme en quelques minutes, même la personne la mieux intentionnée du monde et qui ne croit vraiment pas faire de mal peut te démonter le moral. Et te rappeler avec force et fracas à quel point l’homophobie passive est présente et bien ancrée même dans les esprits des plus « ouverts ».

Je crois que le plus difficile est d’entendre ces propos de la bouche de quelqu’un que tu considère comme un ami, et qui est intimement persuadé de ne pas être homophobe, parce qu’alors tu réalises la montagne qu’il reste encore à franchir pour éliminer l’homophobie – et le sexisme par la même occasion.

J’avais une discussion tout à l’heure avec cette personne, dont je sais qu’il n’est pas homophobe « actif », loin de là. Et pourtant, en parlant de ses enfants, il m’a dit « Si mon fils était pédé, ça me ferait chier, quand même. Je dirais rien, c’est comme ça, mais ça me ferait chier ».
Je n’ai pas su quoi répondre. Parce que je crois que dans son esprit, « ne rien dire » c’est égal à « ne pas être homophobe », et que je ne sais pas comment lui expliquer que c’est ce « ça me ferait chier » qui est la source de l’homophobie. Qu’on se le dise: l’homophobie « active » est la plus rare. Celle qui consiste à agresser verbalement et physiquement des gays. Mais ce n’est pas cette homophobie « active » qui fait le plus de mal. Ho non.

Ce qui fait le plus de mal, c’est le sexisme ambiant et bien ancré qui dit que les garçons aiment le bleu et les filles le rose. Que les garçons peuvent jouer à la poupée et porter du rose mais pas trop quand même, parce que sinon « ça fait tafiole ». Que les filles doivent savoir se défendre et faire du vélo mais que quand même, il faut porter une robe de temps en temps.

Toujours dans cette même discussion, une autre personne a parlé d’un petit garçon qui était élevé par des femmes et qui allait sûrement « tourner pédé si ça continue comme ça ». Cette autre personne n’est pas homophobe « active » non plus. Et pourtant…

Malheureusement, cette contradiction est bien la source du problème. Tout en se croyant ouvert, l’utilisation même des termes comme « pédé », « tafiole », « gouine » etc. rajoute de l’eau au moulin de la discrimination des homos. Et sans même s’en rendre compte.
Quand j’ai parlé du taux de suicide des jeunes gays, la première personne m’a balancé « oh mais faut pas abuser non plus, vous êtes pas non plus stigmatisés! ».
Et bien si. Et juste cette phrase le prouve. Mais en ne voyant les choses que de l’extérieur, il est impossible de s’en rendre compte.

Il y a quatre choses qu’il faut bien se mettre dans le crâne:

  • Ce n’est pas la peur des inconnus qui pourraient éventuellement nous faire du mal, càd l’homophobie « active » qui provoque tant de suicide chez les jeunes gays. C’est l’homophobie passive, perpétrée par les proches sans même s’en rendre compte et qui rendent le coming-out quasi-impossible.
  • Dire « Si mon fils était pédé, ça me ferait chier, quand même. Je dirais rien, c’est comme ça, mais ça me ferait chier » c’est de la discrimination envers les homos, purement et simplement. Pourquoi? Parce que si réellement on est pas homophobe, si, vraiment, on en a rien à foutre, alors un cas particulier ne doit pas « faire chier ». Si être homo n’a rien d’anormal, alors il n’y a aucune raison que ça dérange.
  • Il faut arrêter de penser que telle ou telle chose va influencer l’orientation sexuelle de quelqu’un. Ce n’est pas comme ça que ça marche. N’oubliez pas que la majeure partie des homos ont des parents hétéros, et ont été élevés dans des conditions « normales ».
  • Il faut absolument arrêter de confondre orientation sexuelle et identité de genre, ce sont deux choses qui n’ont rien à voir.

J’ai ça sur le cœur depuis ce midi, et je ne sais pas trop comment le formuler, alors voilà. J’espère que certains ouvriront les yeux.